L’ocarina est un instrument de musique à vent fascinant. Sa forme ovoïde et son nom, dérivé du dialecte bolonais et signifiant « petite oie », lui confèrent une identité unique. Cet instrument a su captiver les musiciens et les auditeurs à travers le monde.
Les premières traces de cet instrument remontent à environ 12 000 ans, ce qui en fait l’un des plus anciens encore joués aujourd’hui. L’ocarina apparaît dans de nombreuses cultures, notamment précolombiennes, asiatiques, africaines et européennes. Cette diffusion témoigne d’une histoire riche, partagée par plusieurs continents.
Dans cet article, nous explorerons les origines ancestrales, l’évolution en Europe et les caractéristiques techniques de l’ocarina. Nous aborderons également son utilisation dans la musique et la culture, ainsi que sa place dans le monde contemporain.
Quelle est l’origine de l’ocarina ? Les racines ancestrales de cet instrument fascinant
Les origines de l’ocarina sont fascinantes et remontent à des milliers d’années. L’un des plus anciens ocarinas découverts en Europe provient de la région de Runik, au Kosovo. Cet instrument à vent, qui ressemble à une flûte globulaire, date d’environ 8 000 ans. Il est considéré comme l’un des plus anciens instruments de musique préhistoriques répertoriés dans cette région.
Fabriqué en terre cuite, cet objet témoigne de la capacité des populations du Néolithique à créer des sons mélodieux à partir de matériaux simples. Ce savoir-faire montre l’importance de la musique dans la vie quotidienne des sociétés anciennes.
Les premières traces archéologiques
La découverte de l’ocarina de Runik a marqué un tournant dans la compréhension des instruments de musique anciens. Mesurant environ 8 cm et doté de quatre trous, cet instrument est un exemple emblématique de la créativité humaine.
L’ocarina dans les cultures précolombiennes d’Amérique du Sud et de Mésoamérique
En Amérique du Sud et en Mésoamérique, les cultures précolombiennes, telles que les Chibchas en Colombie et les Aztèques, ont également développé des instruments similaires. Les Aztèques appelaient leur ocarina huilacapiztli en nahuatl. Ces objets, souvent en terre cuite, prenaient des formes zoomorphes variées, représentant des animaux comme des lamas, des oiseaux ou même des félins.
Les ocarinas péruviens, par exemple, se caractérisent par leur forme ovoïde et possèdent généralement huit trous. Ces instruments ne servaient pas seulement à jouer de la musique : ils étaient aussi utilisés dans des rituels sacrés, ce qui illustre leur importance culturelle.
Les influences asiatiques et africaines
En Asie, le xun chinois, vieux d’environ 7 000 ans, est souvent considéré comme un parent ancien de l’ocarina. Il se distingue par sa technique de jeu : le xun est soufflé sur le bord extérieur, tandis que l’ocarina utilise un conduit interne pour produire le son.
Un autre exemple est le niwawu hui, un instrument traditionnel de l’ethnie Hui du Ningxia, en Chine. Cet ocarina en forme de tête de bœuf a été inscrit au patrimoine culturel immatériel en 2005, illustrant la diversité des formes que cet instrument peut prendre à travers le monde.
Il existe plusieurs théories sur l’origine de l’ocarina. Certains chercheurs penchent pour une origine préhispanique en Amérique du Sud, tandis que d’autres évoquent des origines asiatiques ou européennes. Cette pluralité d’hypothèses montre la richesse et la complexité de l’histoire de cet instrument.
En conclusion, l’universalité de l’ocarina est fascinante. Présent sur plusieurs continents depuis des millénaires, cet instrument est un exemple remarquable de la manière dont des cultures humaines ont développé des instruments similaires de façon indépendante.
L’évolution de l’ocarina en Europe : du gemshorn médiéval à l’instrument moderne
Au fil des siècles, l’ocarina a connu une évolution fascinante en Europe. Son histoire a été marquée par des moments clés qui ont contribué à sa popularité actuelle. Cette transformation a débuté au XVIe siècle avec la redécouverte de cet instrument par le grand public européen.
La redécouverte et la diffusion au XVIe siècle
En 1527, une troupe de musiciens et de danseurs aztèques a captivé le roi Charles Quint. Elle a présenté l’ocarina, qui a suscité un vif intérêt. Cet événement a déclenché une vague de fascination pour cet instrument à travers l’Europe.
Les démonstrations de cette troupe ont permis de faire connaître l’ocarina à un public plus large. Les musiciens européens ont commencé à s’intéresser à cet instrument, ouvrant la voie à son intégration dans la musique européenne.
Giuseppe Donati et la transformation de l’ocarina au XIXe siècle
Le XIXe siècle a marqué un tournant décisif pour l’ocarina. Giuseppe Donati, musicien et boulanger de Budrio, a transformé cet instrument en 1853. Il a créé le modèle traversier à 10 trous, permettant de jouer une gamme chromatique sur onze notes.
Donati a choisi le nom « ocarina », qui signifie « petite oie » en dialecte bolonais, en raison de la forme de l’instrument. En 1864, il a fondé le Gruppo Ocarinistico Budriese, le premier ensemble professionnel dédié à cet instrument. Cette initiative a contribué à faire reconnaître l’ocarina comme un véritable instrument de musique.
Les innovations du XXe siècle
Le XXe siècle a vu apparaître des innovations majeures. En 1928, le sculpteur et musicologue japonais Takashi Aketagawa a créé l’ocarina à 12 trous, devenu l’un des modèles de référence actuels. Ce modèle a élargi les possibilités de jeu et contribué à standardiser une tessiture chromatique plus souple.
Après 1950, le Japon a joué un rôle clé dans le renouveau de l’ocarina. Des musiciens comme Nomura Sojiro ont contribué à sa popularité. De plus, l’invention de modèles multichambres, comme les doubles et les triples, a permis d’étendre la tessiture et d’enrichir l’expérience musicale.
En conclusion, l’évolution de l’ocarina est remarquable. Cet instrument, qui a parfois été perçu comme un simple objet en terre cuite, est devenu un instrument sophistiqué, apprécié des musiciens du monde entier.

Caractéristiques techniques et diversité des modèles d’ocarina
Les ocarinas se distinguent par leur diversité et leurs caractéristiques techniques. Cet instrument à vent, classé parmi les flûtes globulaires à conduit, offre une variété de modèles qui séduisent les musiciens du monde entier.
Matériaux et techniques de fabrication : de la terre cuite au plastique
Les matériaux utilisés pour fabriquer un ocarina influencent directement son timbre et sa qualité sonore. Voici un aperçu des matériaux les plus courants :
- Terre cuite : elle produit un son chaud et résonnant.
- Porcelaine : elle offre un son plus clair.
- Bois : il génère un son doux et chaleureux.
- Plastique : il est abordable et résistant, mais moins riche sur le plan tonal.
- Métal : il produit un son brillant et puissant.
Le processus de fabrication artisanale, en particulier pour les ocarinas en terre cuite, joue un rôle crucial dans la qualité acoustique finale. La cuisson de l’argile permet de pérenniser des techniques anciennes tout en intégrant des innovations modernes.
Les différents types d’ocarinas : transverses, pendentifs, doubles et triples
Les ocarinas se déclinent en plusieurs types selon leur forme et leur nombre de trous. Voici quelques exemples :
- Ocarina anglais : 6 trous, produisant 10 notes.
- Ocarina du Pérou : 8 trous, produisant 11 notes.
- Ocarina linéaire : 10 trous.
- Ocarina à 12 trous : 13 notes, offrant une gamme chromatique complète.
- Double ocarina : 17 notes.
- Triple ocarina : 21 notes.
- Quadruple ocarina : 24 notes.
Les pendentifs, qui sont des modèles portables, existent également en deux grands types : le pendentif anglais, généralement doté de 4 à 6 trous, et le pendentif péruvien, souvent doté de 8 trous. Selon leur conception, les modèles peuvent être proposés dans différentes tonalités, notamment en do majeur, en fa majeur ou en sol majeur.
Le fonctionnement acoustique : résonateur de Helmholtz et timbre unique
En tant que résonateur de Helmholtz, l’ocarina produit un son souvent décrit comme mélancolique et nostalgique. Ce phénomène acoustique explique en partie pourquoi cet instrument à vent est si apprécié. En bouchant ou en débouchant les différents trous avec les doigts, le musicien modifie la fréquence de résonance de la cavité interne, ce qui lui permet de jouer les notes de sa tessiture.
Les ocarinas à clés, développés depuis la fin du XIXe siècle, ainsi que les modèles « en ligne » ou « fusion », combinent les avantages des pendentifs et des modèles transverses, offrant une prise en main compacte avec une tessiture étendue.
En conclusion, la diversité technique de l’ocarina est impressionnante. Il existe en plusieurs tailles, correspondant à des registres variés tels que soprano, alto, ténor et basse. Cet instrument s’adapte ainsi à de nombreux styles de musique et à différents niveaux de pratique.
| Type d’ocarina | Nombre de trous | Notes produites |
|---|---|---|
| Ocarina anglais | 6 | 10 |
| Ocarina du Pérou | 8 | 11 |
| Ocarina linéaire | 10 | 10 |
| Ocarina à 12 trous | 12 | 13 |
| Double ocarina | 17 | 17 |
| Triple ocarina | 21 | 21 |
| Quadruple ocarina | 24 | 24 |
Utilisation et place de l’ocarina dans la musique et la culture
Depuis des siècles, l’ocarina occupe une place importante dans diverses traditions musicales à travers le monde. Cet instrument, grâce à sa sonorité unique, accompagne de nombreux rituels et festivités, notamment dans les Andes. Dans des pays comme le Pérou, la Bolivie et l’Équateur, l’ocarina est souvent joué lors de célébrations comme le festival de Cuzco, perpétuant ainsi des traditions anciennes.
Rôle dans la musique traditionnelle et régionale
Dans la musique traditionnelle, l’ocarina se distingue par sa capacité à évoquer des émotions profondes. Cet instrument de musique, avec ses notes mélodieuses, est souvent utilisé pour accompagner des chants folkloriques et des danses. Les musiciens, en jouant de l’ocarina, transmettent des histoires et des légendes, reliant ainsi les générations passées et présentes.
Présence dans la musique classique et contemporaine
À partir de la fin du XIXe siècle, l’ocarina fait son apparition dans la musique classique. Des compositeurs comme Leoš Janáček l’ont intégré dans leur œuvre, notamment dans son cycle Říkadla en 1927. De même, György Ligeti a utilisé quatre ocarinas dans le deuxième mouvement de son Concerto pour violon, composé entre 1990 et 1993. Cette reconnaissance dans le monde classique témoigne de la polyvalence de cet instrument.
L’ocarina dans la culture populaire : cinéma, jeux vidéo et médias
Dans la culture populaire, l’ocarina a également trouvé sa place. Dans le film Le Bon, la Brute et le Truand (1966), Ennio Morricone a utilisé un arghilofono, une version grave de l’ocarina, pour créer une ambiance mémorable. De plus, l’ocarina est devenu emblématique dans le jeu vidéo The Legend of Zelda: Ocarina of Time (1998). Dans ce jeu, les joueurs apprennent à jouer des mélodies à l’ocarina pour progresser, ce qui a entraîné une forte augmentation des ventes de l’instrument en 1999.
Ce succès a également été amplifié par des apparitions dans d’autres œuvres, telles que Mon voisin Totoro, Albator, Princesse Sarah, et même dans des jeux comme Professeur Layton et l’Appel du Spectre. Le titre Song of Ocarina a connu un grand succès en France dans les années 1990, contribuant à faire connaître cet instrument au grand public.
En somme, l’ocarina est considéré comme un instrument à la fois nostalgique et moderne. Il s’intègre harmonieusement dans des compositions classiques tout en trouvant sa place dans des bandes originales de films et de jeux vidéo contemporains. Grâce à son timbre mélancolique, l’ocarina traverse les genres et les époques, affirmant ainsi sa place unique dans la culture musicale mondiale.

L’ocarina aujourd’hui : un instrument accessible et en plein renouveau
Actuellement, l’ocarina attire un large éventail de passionnés, des enfants aux adultes. Grâce à sa simplicité d’utilisation et à son prix abordable, cet instrument est devenu un choix privilégié pour les débutants. Les prix varient entre 20 et 150 euros, en fonction des matériaux et des modèles. Les ventes ont augmenté de 15 % chaque année depuis 2015, témoignant de l’engouement croissant pour cet instrument.
Des marques renommées comme Focalink et STL Ocarina proposent des modèles adaptés à tous les niveaux. Que ce soit pour un enfant qui découvre la musique ou pour un musicien confirmé, il existe plusieurs options. Les ocarinas en plastique sont parfaits pour l’apprentissage, tandis que les versions en céramique ou en bois répondent aux attentes des musiciens exigeants.
Ressources d’apprentissage et innovations technologiques
Pour accompagner cet intérêt, de nombreuses ressources d’apprentissage sont désormais disponibles. Des plateformes en ligne comme OcarinaForest.com offrent des cours détaillés. De plus, des tutoriels vidéo réalisés par des maîtres comme Nomura Sojiro facilitent l’apprentissage des premières notes et la maîtrise des doigtés.
Les innovations technologiques jouent également un rôle clé dans le renouveau de cet instrument de musique. Des modèles modernes, tels que les ocarinas MIDI et les versions connectées, permettent d’intégrer cet instrument dans des compositions électroniques et des performances numériques. Ces avancées ouvrent de nouvelles perspectives aux musiciens contemporains.
L’ocarina et la scène musicale contemporaine en France et dans le monde
En Italie, des projets collaboratifs, comme les orchestres d’ocarinas, renforcent la popularité de cet instrument. Ces ensembles perpétuent l’héritage de Giuseppe Donati, tout en explorant de nouveaux répertoires au-delà de la musique traditionnelle. En France, bien que le développement soit plus lent, des passionnés créent des sites internet et des méthodes d’apprentissage pour partager leur amour de l’ocarina.
Il est important de noter qu’il existe plusieurs types d’ocarinas adaptés à chaque style de jeu et à chaque budget. Cela rend cet instrument accessible à tous, des enfants découvrant la musique aux musiciens professionnels en quête de nouvelles sonorités. En conclusion, le XXIe siècle marque un renouveau pour l’ocarina, soutenu par une communauté grandissante de passionnés et par une présence accrue dans la culture populaire.

Conclusion
L’ocarina, instrument aux racines anciennes, continue d’évoluer. Ce parcours fascinant s’étend sur plus de 12 000 ans, reliant des cultures variées, de l’Amérique du Sud à l’Asie et à l’Europe. Chaque époque a vu naître des modèles uniques, comme le quadruple ocarina chinois, inventé entre 2007 et 2009, qui enrichit la diversité de cet instrument.
Au XXIe siècle, l’ocarina est reconnu dans des pays comme l’Italie, le Japon et les États-Unis. Sa forme ovoïde et son fonctionnement en résonateur de Helmholtz lui confèrent un timbre mélancolique, apprécié dans de nombreux styles musicaux. Des communautés de musiciens passionnés explorent sans cesse ses possibilités.
Nous vous invitons à découvrir le jeu de cet instrument accessible, qui offre une expérience musicale simple et expressive, que vous soyez débutant ou musicien confirmé. L’ocarina a encore de beaux jours devant lui et promet une grande richesse sonore.


